Qui pointe le bout de son groin ?

Foufou revient en librairie ! Un Foufou un peu différent : « revu, corrigé et augmenté ». Ce qui veut dire que deux chapitres ont été ajoutés à cette édition de poche, et sa fin légèrement remaniée. Ajouter ces chapitres a permis de répondre à une critique que j’ai entendue au moment de la sortie de l’édition brochée : le livre est trop court. Surtout, ç’a été l’occasion d’écrire des scènes réjouissantes dont l’idée m’est venue, après la publication, alors que nous travaillions avec une réalisatrice sur un scénario tiré du roman. J’ai pris un plaisir inouï à retourner au 116, rue de Vaugirard avec Nicole, son porcelet et l’un de ses patients particulièrement allumé. On me demanderait aujourd’hui d’ajouter encore une ou deux chapitres, je n’hésiterai pas (à la réflexion il me semble que le chat Balthus est sous-exploité 😉 Bonne lecture à tous !

Un cochon sur un canapé

Rien ne s’oppose à la vie

Le temps de vivre… J’avais oublié… Quelques jours de vacances à Lisbonne, la ville du bonheur… Je me repose, me « répare » de l’Inde, avant d’y retourner une dernière année… Le temps de vivre, d’aimer, et de lire…

Dévoré en très exactement 26 heures Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, qui m’a bouleversé. Impossible de lâcher ce roman qui m’a parlé dès ses premières pages. J’avais oublié que les livres pouvaient être ça, avoir cet effet-là, celui des premiers Angot ou, un peu plus ancien, du livre brisé de Serge Doubrovsky. Pourquoi les livres si noirs, si dramatiques, font-ils autant de bien ? Parce qu’ils exposent la vérité nue, pas scénarisée.

Celui-là est particulièrement réussi, marquant. La trajectoire de cette femme jetée dans la vie comme une pierre au hasard, les lieux qu’elle a habités, les époques qu’elle a traversées, son corps nu, peint en blanc, aperçu à une fenêtre de la rue du Faubourg Montmartre, « Je vais craquer » écrit au rouge à lèvres sur un miroir de salle de bains, le transistor branché sur France Inter contre sa joue aux derniers instants de sa vie. C’est dur, âpre, très sombre, peut-être trop : est-il possible que l’existence de Lucile ait été traversée par si peu de légèreté – de rire, d’aimer ?

Question d’époque (je dois avoir le même âge que Delphine le Vigan), tout m’a parlé dans cette histoire : les goûters de pain-beurre-chocolat noir, les enfants reproduisant les chorégraphies de Claude François, les jeans en velours côtelé Newman. Surtout, j’y ai retrouvé une partie de mon histoire, de mon enfance surtout, marquée des femmes en souffrance, par leurs crises successives. Ces femmes aux souvenirs trop lourds. Certaines n’ont pas survécu, d’autres se sont relevées, magnifiquement.

En tout cas, je ne peux pas m’empêcher de sourire à l’idée que j’ai découvert ce sombre chef d’oeuvre entre baisers et éclats de rire, dans une ville éblouissante de lumière et de couleurs…

Rien

 

Un nom sur une feuille

Les gens sont les gens ne sera pas finaliste du prix du livre Orange 2013…     Déçu ? Très ! (Pourquoi le cacher ?)… Et puis, j’ai regardé le petit film qui raconte les délibérations « tendues » du jury :

Et, à 1’31 », une image qui passe très vite montre le bulletin de vote d’un des jurés et me rend le sourire :
Carlier
Avec tout ça, j’ai très envie de lire un autre recalé des finales, Comment trouver l’amour à cinquante ans quand on est parisienne, de Pascal Morin…  

Lorsque Foufou paraît…

Notre petit cochon se porte à merveille !

Un grand merci à tous ceux qui l’ont soutenu depuis sa sortie : l’équipe de A la bonne heure sur RTL, les libraires de 20 minutes, Madame FigaroVersion Fémina, Marie-France, Karine Roye sur France Bleu, Laetitia Barlerin sur RMC, Le Dauphiné libéré, Le Télégramme, Le Berry Républicain, les blogs de Chicha, d’Anaïs ValenteUnwalkersla Cause littéraire, Blue Moon, Ptit Blog, Cécibon, les Chroniques culturelles, Totally Brune… Même les garçons de Men’s up s’y mettent !

Et mon petit doigt me dit que ce n’est pas terminé…

Devine qui vient dîner ce soir ?

Les gens sont les gens : à l’origine…

A Charancy, le village de Bourgogne où je passais mes étés d’enfance, il y avait, un peu à l’écart, sur une hauteur, une cabane en pierres minuscule, sordide. Les gens du coin y enfermaient un jeune cochon, qu’ils ne faisaient sortir que bien plus tard, pour le tuer et le manger. Chaque fois qu’on passait à proximité de la cabane, la pauvre bête sentait une présence et se mettait à grogner, donner des coups contre la porte. Je trouvais ça atroce. Cent fois, j’ai imaginé que je me relevais dans la nuit et que je quittais la maison de ma grand-mère pour aller le libérer… Ce que j’ai fait, à ma manière, trente ans plus tard, en y envoyant Nicole, l’héroïne de Les gens sont les gens.

La cabane en question, photographiée en 2010.

Aujourd’hui les gens

En ce premier jour de l’année, je me sens… comment dire… je me sens très « Aujourd’hui madame » ! Bon. Pour tous ceux nés après 1982, « Aujourd’hui madame » était une émission quotidienne qui parlait des femmes. Ca ne m’intéressait pas plus que ça, mais j’aimais beaucoup la musique du générique, à la fois féminine et punchy, moderne.
Donc, se sentir « Aujourd’hui madame », ça veut dire ça
Il faut dire que, dans les dernières heures de 2012, j’ai reçu la couverture de mon nouveau roman, Les gens sont les gens, qui sort en février. Découvrir la couverture de son livre, c’est un peu comme apprendre le sexe de son enfant. Enfin, j’imagine.
La voici :

Les trente plus belles secondes de cinéma

Pour l’incroyable composition de ce plan, pour les regards que Lucy jette de côté quand George vient vers elle, pour le chapeau qu’il abandonne avant de l’embrasser, pour sa main à elle pendant le baiser, pour le rêve interrompu qui ne s’arrête pas, pour Puccini, pour le Dôme, pour les champs de blé… Chambre avec vue de James Ivory (1985)