Le Chien de Madame Halberstadt, histoire d’un roman.

Il est à part, celui-là. Différent des précédents. C’est une comédie, mais une comédie douce-amère, disons, avec des bons gros morceaux de mélancolie dedans. Et puis le héros, Baptiste, est romancier, ce qui m’a permis, pour la première fois, de tomber le masque. J’avais envie de parler du métier d’écrivain, de sa réalité, du succès et de son contraire, et aussi du monde autour, du grand basculement qui a saisi les gens de la génération de Baptiste au beau milieu de leur vie.

L’histoire du livre est particulière, elle aussi. C’était mon sixième mais, quand j’ai fini de l’écrire, j’ai eu envie de le tester, de le mettre à l’épreuve. Au lieu de l’envoyer à mon éditeur, je l’ai signé du nom de mon héros, Baptiste Roy, et l’ai adressé, par la poste et par mail, à huit autres éditeurs avec lesquels j’avais envie de travailler. J’avais même créer un boîte mail au nom de Baptiste. Sans retour, je crois que j’aurais arrêter d’écrire, au moins pour un moment. Trois éditeurs m’ont contacté (ou, plutôt, ont contacté Baptiste), dont le Tripode, un de mes préférés depuis ma découverte de Goliarda Sapienza. Je ne sais pas ce que sera la carrière de ce livre, mais rien que pour ça, pour le message de Frédéric Martin à la toute fin de mars 2018, ça valait la peine de l’écrire.