Juste parce que… Les chutes de Liz Taylor dans General Hospital (1981)

En 1981, Elizabeth Taylor, grande fan de General Hospital, a demandé à participer au feuilleton. On lui écrivit un rôle sur mesure, un rôle de bitch comme elle les affectionnait, celui d’Helena Cassadine. Avec un nom pareil, faut dire…

Les chutes de ses apparitions sont compilées dans cette vidéo géniale dans laquelle on pourra constater que Liz était alors au sommet… de son alcoolisme.

 

Tous ceux qui ont vu la Nuit américaine ne pourront s’empêcher de penser au personnage qu’y interprète Valentina Cortese…

 

RIP Lovely liz.

Grand Amour, à propos d’Agnès

Bizarrement, ce qui m’a pris le plus de temps dans Grand Amour, ç’a été de déterminer le métier d’Agnès. C’est une fille un peu perdue mais je ne voulais pas que sa situation déprime. Je l’ai faite secrétaire, serveuse place de la Bourse, actrice au chômage obligée de faire des pubs radio pour de la litière pour chats… Ça n’allait pas : ça donnait un côté borderline, un peu désespéré, à ce qu’elle faisait dans le livre.

L’épiphanie, je l’ai eue en France, dans le rayon livres d’un Monoprix, devant les couvertures de romans sentimentaux. J’ai tout de suite pensé à la personne qui passait ses journées à traduire ces bluettes pratiquement pornos. C’est un métier pas ordinaire, à la fois sympa et frustrant, et je trouvais drôle d’imaginer comment il pouvait déteindre sur le quotidien de la personne qui l’exerçait.

Et puis j’aimais l’idée d’associer dans un livre le monde du rugby et celui des romans roses. Les garçons, les filles. La mêlée, la caresse. Je me disais que cette rencontre pourrait produire quelque chose d’intéressant.

Blast from the past : Chahut-Bahut (1987)


Dans "Chahut-Bahut" (1987), avec Catherine Lachens (en rouge)

Inimitable éclairage des feuilletons SFP… J’avais 22 jours de tournage mais, au final, mon apparition doit durer moins d’une minute ! Je n’ai eu aucun plaisir à faire l’acteur, je me sentais complètement étranger à tout ça. Par contre, j’adorais observer la vie sur le plateau, parler avec les techniciens… Je m’étais fait une cassette d’Aznavour que j’écoutais en boucle dans des gros écouteurs recouverts de mousse. « Tout s’en va, tout se meurt, tu ne crois plus à notre bonheur »… Je me souviens de Jacques Dufilho, toujours tout seul (je me demandais comment il pouvait tourner dans ce feuilleton après avoir donné la réplique à Dewaere dans un Mauvais fils), et aussi de la merveilleuse Catherine Lachens, de son sourire inoubliable, de sa tendresse…

Grand Amour, Fabien en vrai

Pour écrire le personnage de Colette, je pensais à Vanessa Redgrave. Pour celui de PM, à Peter O’Toole. J’ai conservé une photo de chacun de ces acteurs sur le bureau de mon ordinateur pendant toute l’écriture du livre.

Fabien Castan, c’est une autre histoire. Il est décrit comme d’une beauté extrême, absolue, mais c’est une beauté subjective, celle que lui prête les yeux d’Agnès. Ce n’est ni un mannequin ni une star hollywoodienne. Il est beau, sexy, mais humain… possible. Tout ça, je l’ai trouvé ça chez deux joueurs de rugby qui ont posé dans le calendrier : David Skrela et Pierre Rabadan.

Skrela, c’est complètement Fabien. Ou l’inverse. D’une beauté à la fois éclatante mais normale. Il n’y pas aucune malice dans son visage : en le regardant, on a l’impression de savoir exactement ce qu’il ressent et c’est très réconfortant. C’est lui que j’ai imaginé dans la plupart des scènes de Fabien – en train de faire la chaîne à Brive aussi bien que dans la cuisine des Bonnafous. Je comprends très bien qu’une femme comme Danièle lui mette le grappin dessus, et que quelqu’un comme Agnès fasse 565 kilomètres pour le retrouver.

Rabadan est canon lui aussi, mais d’une beauté plus provocante, plus tempétueuse. Il a ce qu’en anglais on appelle des bedroom eyes. Il me fait penser à une star de cinéma des années 30.  La mélancolie de Fabien, son air songeur, c’est lui (sur les photos du calendrier, pas sur celle-ci). Tout comme il m’a inspiré le « Je donnerais tout pour toi » qu’Agnès lui déclare par télé interposée, et aussi le titre Je n’ai aimé que toi.

Enfin, l’acteur anglais Sam Worthington m’a inspiré la description de Fabien dans sa dernière apparition dans le livre : le visage plus rond, les cheveux courts qui le font ressembler à un GI. Plus posé, plus heureux peut-être. Il y a une bienveillance reposante dans le sourire de ce garçon qui se prête bien au Happily ever after…