La playlist de Grand Amour

Un roman s’écrit en musique. La chanson qu’on écoute dans son casque pendant la promenade qui suit la matinée d’écriture. L’air, entendu au hasard, qui inspire une phrase, une ligne de dialogue notée sur un coin de nappe en papier. La bande originale qu’on va chercher sur internet, en panne d’inspiration, parce qu’elle traduit exactement le climat d’un passage, d’un moment du livre…

Voici les airs qui m’ont accompagné pendant l’écriture de Grand Amour:

Commençons par la fin : je me souviens qu’après avoir écrit la dernière phrase du livre, j’ai écouté la sublime reprise de Johnny Cash, The First Time Ever I Saw Your Face. La plus bouleversante déclaration d’amour chantée que je connaisse.

Pendant l’écriture, je me passais en boucle Che storia sara’ d’Ornella Vanoni. Une envolée, une promesse. La main qu’Agnès tend par la vitre de la voiture quand elle traverse l’Auvergne… Et aussi Pie In the Skycomposé par Andrew Hollander, du méconnu mais magnifique Waitress, qui traduit la magie un peu enfantine du sentiment amoureux (celui d’Agnès, en tout cas).

Et puis, sur Grooveshark, une petite sélection :

Apertura, extrait de la bande originale du merveilleux film L’Ultimo Bacio, dont la cadence correspond parfaitement à celle du roman.

Si j’étais elle de Julien Clerc et Words don’t come easy de F.R. David, deux morceaux qu’Agnès aurait écoutés en boucle dans son walkman à leur sortie, dont elle aurait aimé la tristesse heureuse.

Reviens d’Hervé Vilard, parce qu’en 1979, Agnès (enfant) frémissait en entendant la phrase «Oui, j’ai fait l’amour avec elle» de ce tube énorme…

Et La Fiesta de Patrick Sébastien, qui est la chanson sur laquelle Agnès et Fabien font connaissance, à Brive, après le match de rugby (excusez du peu). Je ne pouvais pas les oublier…

Le bel été de Grand Amour

Teva en fait son coup de coeur en juillet, Confidentielles.com le sélectionne pour son 4ème prix du roman, le Républicain Lorrain en parle, Stéphane lit un extrait du livre pour Passiondulivre.com, donne une interview à Plume Libre, et les lectrices continuent de voter pour élire leur Agnès idéale

Grand Amour, sondage : à vous de jouer !

Si « Grand Amour » était un film, quelle serait l’interprète idéale d’Agnès selon vous ? (j’enverrai un exemplaire du livre à l’actrice qui aura obtenu le plus de voix…)

Grand amour et ses lectrices

Un grand merci à Amélie, Happy Few, Cuné, Joey, Stephie, et aussi à l’Irrégulière, Evy, Patricia, Malouuh, toutes les blogueuses qui ont déjà parlé du livre. Certaines de vos phrases sont très touchantes… « Ca circule, l’amour. Ca passe dans toutes les parties du corps, et puis d’un corps à l’autre, et puis des corps au décor »…







Grand amour, Officier et gentleman

« Plus tard, l’enlèvement de Debra Winger à la fin d’Officier et gentleman l’émut au point qu’elle resta clouée sur son siège et revit le film dans la foulée » (p.37)

« …Agnès est gonflée à bloc. Elle a plus d’assurance, plus de classe, plus de chien que Richard Gere débarquant dans l’usine de Debra Winger à la fin d’Officier et gentleman » (p.154)

Grand Amour, à propos d’Agnès

Bizarrement, ce qui m’a pris le plus de temps dans Grand Amour, ç’a été de déterminer le métier d’Agnès. C’est une fille un peu perdue mais je ne voulais pas que sa situation déprime. Je l’ai faite secrétaire, serveuse place de la Bourse, actrice au chômage obligée de faire des pubs radio pour de la litière pour chats… Ça n’allait pas : ça donnait un côté borderline, un peu désespéré, à ce qu’elle faisait dans le livre.

L’épiphanie, je l’ai eue en France, dans le rayon livres d’un Monoprix, devant les couvertures de romans sentimentaux. J’ai tout de suite pensé à la personne qui passait ses journées à traduire ces bluettes pratiquement pornos. C’est un métier pas ordinaire, à la fois sympa et frustrant, et je trouvais drôle d’imaginer comment il pouvait déteindre sur le quotidien de la personne qui l’exerçait.

Et puis j’aimais l’idée d’associer dans un livre le monde du rugby et celui des romans roses. Les garçons, les filles. La mêlée, la caresse. Je me disais que cette rencontre pourrait produire quelque chose d’intéressant.

Grand Amour, Fabien en vrai

Pour écrire le personnage de Colette, je pensais à Vanessa Redgrave. Pour celui de PM, à Peter O’Toole. J’ai conservé une photo de chacun de ces acteurs sur le bureau de mon ordinateur pendant toute l’écriture du livre.

Fabien Castan, c’est une autre histoire. Il est décrit comme d’une beauté extrême, absolue, mais c’est une beauté subjective, celle que lui prête les yeux d’Agnès. Ce n’est ni un mannequin ni une star hollywoodienne. Il est beau, sexy, mais humain… possible. Tout ça, je l’ai trouvé ça chez deux joueurs de rugby qui ont posé dans le calendrier : David Skrela et Pierre Rabadan.

Skrela, c’est complètement Fabien. Ou l’inverse. D’une beauté à la fois éclatante mais normale. Il n’y pas aucune malice dans son visage : en le regardant, on a l’impression de savoir exactement ce qu’il ressent et c’est très réconfortant. C’est lui que j’ai imaginé dans la plupart des scènes de Fabien – en train de faire la chaîne à Brive aussi bien que dans la cuisine des Bonnafous. Je comprends très bien qu’une femme comme Danièle lui mette le grappin dessus, et que quelqu’un comme Agnès fasse 565 kilomètres pour le retrouver.

Rabadan est canon lui aussi, mais d’une beauté plus provocante, plus tempétueuse. Il a ce qu’en anglais on appelle des bedroom eyes. Il me fait penser à une star de cinéma des années 30.  La mélancolie de Fabien, son air songeur, c’est lui (sur les photos du calendrier, pas sur celle-ci). Tout comme il m’a inspiré le « Je donnerais tout pour toi » qu’Agnès lui déclare par télé interposée, et aussi le titre Je n’ai aimé que toi.

Enfin, l’acteur anglais Sam Worthington m’a inspiré la description de Fabien dans sa dernière apparition dans le livre : le visage plus rond, les cheveux courts qui le font ressembler à un GI. Plus posé, plus heureux peut-être. Il y a une bienveillance reposante dans le sourire de ce garçon qui se prête bien au Happily ever after…